Vous regarderez désormais ces lieux différemment. Pour célébrer 400 ans de la Marine nationale, ICI Cotentin met en lumière dix sites emblématiques du département de la Manche, témoignant de l'histoire maritime française.
Parmi ces lieux, la construction de la rade de Cherbourg se distingue. S'étendant sur 1 500 hectares, elle demeure à ce jour la deuxième plus grande rade artificielle au monde. Initiée au XVIIIe siècle, sa construction fut semée d'embûches.
« Cette rade a été conçue pour des raisons militaires », souligne Magali Lachèvre, du service historique de la Défense à Cherbourg-en-Cotentin. « Au XVIIe siècle, l'idée d'un port refuge dans la Manche germe, étant donné l'absence d'un endroit sûr pour abriter la flotte royale en cas de tempête ou de risque d'attaque anglaise. Les choix s'y présentaient : Cherbourg, la Hougue, Dunkerque ou même les Îles Chausey. Ce n'est qu'à la fin du XVIIIe siècle, sous Louis XVI, que la décision finale de construction est prise. »
C’est finalement dans la baie profonde de Cherbourg que l’on se fixe, adaptée pour accueillir les navires à fort tirant d’eau de la flotte de guerre du roi.
Un premier échec qui met le pouvoir royal sur la paille
Le projet des trois digues, s'étendant sur 6 km, ne fut pas achevé sans difficultés. « Au XVIIIe siècle, période des Lumières, l'administration royale choisit une approche novatrice. L'ingénieur De Cessart propose d'utiliser d'énormes cônes en bois à couler à l'emplacement prévu. Ce plan ne rencontre pas le succès. Les cônes seront abandonnes en 1788, entraînant une ruine financière qui précipitera la Révolution de 1789 », précise Magali Lachèvre.
Le chantier reprendra sous Napoléon Bonaparte, dans les années 1800, marquant un nouveau tournant dans l’histoire de la rade.







