Frédéric, alias Mendosa Sagrada, frappe fort avec ses oeuvres réalisées à Chartres (Eure-et-Loir). On le voit souvent, carnet et café à la main, s’installer sur un banc ou en terrasse pour croquer le monde qui l’entoure.
Frédéric, passionné et bavard, a découvert le dessin comme un moyen d’expression libérateur. À 47 ans, cet ancien directeur adjoint de grande distribution, désormais commercial, a renoué avec sa passion de jeunesse, surtout après des épreuves difficiles. "J'ai trop de choses à dire ! Mais un pinceau ou un stylo, c'est ma façon de me taire et de partager", confie-t-il. La séparation d’avec la mère de ses enfants et le Covid ont été des moments déterminants. "Reprendre le croquis a été un antidépresseur, un véritable soutien psychologique !" explique-t-il.
Un autodidacte au talent naturel
Sans formation artistique formelle, il a découvert un "don naturel" pour le dessin dès son enfance, s’inspirant des héros de mangas comme Son Gokû avant de se concentrer sur la cathédrale de Chartres. "Arrivé ici à 10 ans, je suis tombé amoureux de ce monument monumental", se remémore-t-il. Devenu papa d'adolescentes, il va immortaliser les vitraux et les détails architecturaux de l’édifice, utilisant sa technique unique de croquer au café, inspiré par une conversation avec un serveur.
"Ce serveur a vu des clients peindre avec du vin, alors j’ai essayé avec du café, et cela a donné une profondeur nouvelle à mes images", raconte-t-il. "Dessiner la Cathédrale, c’est capture une essence mouvante, car la lumière change tout. J’hésite à utiliser des règles, car je veux que chaque trait soit de mon propre regard." Ces compositions, qu’il qualifie de "cartes postales qui respirent", sont désormais disponibles à la boutique de la cathédrale.
"Tout est local !", souligne l'artiste. "Je n'utilise que du café de la brûlerie de Luisant et du papier de Barjouville. Récemment, j’ai aussi commencé à imprimer mes dessins sur des mugs fabriqués à Gallardon."
Promouvoir l'estime de soi par l'art
Actuellement, Frédéric ne vit pas de son art, jonglant entre sa passion et ses obligations quotidiennes. "J'ai mes enfants, un emploi qui paie les factures, je suis marathonien dans une association, tout en consacrant mes soirées et week-ends au dessin", plaisante-t-il. Il propose également des cours de dessin pour ceux qui souhaitent découvrir ce talent.
Pour lui, le dessin transcende la simple création, car il souhaite apporter un message d'optimisme. "Je cherche à réconcilier les gens avec eux-mêmes, tout en boostant leurs estimes grâce au dessin", dit-il. Avec passion, il représente des portraits de ceux qu'il croise, espérant à chaque fois déclencher un sourire et une petite étincelle de confiance en soi. Ces œuvres feront peut-être prochainement l'objet d'un livre.
Déjà exposé à Paris, Mendosa Sagrada prévoit une vente aux enchères le 17 mai prochain, avec une partie des bénéfices destinée au zoo-refuge La Tanière.







