La démission de Boris Vallaud de la direction du Parti Socialiste marque un tournant significatif pour le parti. Un proche de Vallaud a critiqué le Premier secrétaire, Olivier Faure, l'accusant de mener seul la direction et d'ignorer le besoin de dialogue et de compromis, particulièrement sur la stratégie électorale pour la présidentielle.
Dans une lettre adressée à Faure, que l'AFP a obtenue, Alexandre Ouizille, sénateur et représentant du courant de Vallaud, dénonce une « collégialité bâclée » et une « brutalisation du fonctionnement » des instances internes. Cette situation a conduit à un exode massif, avec la sortie de 24 membres, dont 21 secrétaires nationaux, ce qui représente environ un tiers de la direction.
Ce départ exacerbe les tensions déjà palpables au sein du PS, alimentées par des divergences autour de la tenue d’une primaire à gauche, que souhaite Olivier Faure tandis que Vallaud s’y oppose fermement.
Malgré cette crise, Faure demeure à la tête du PS, bien que sa position se soit fragilisée. Vallaud, qui avait fini à la troisième place lors du dernier congrès, avait choisi de soutenir Faure pour maintenir une certaine cohésion au sein du parti face à Nicolas Mayer-Rossignol, maire de Rouen.
Dans sa lettre, Ouizille parle d'un accord politique qui stipule qu'une collaboration est essentielle pour que Faure puisse continuer à diriger le PS. Ce soutien impliquerait un dialogue constant et la recherche de compromis, ce qui semble avoir fait défaut selon Vallaud et ses partisans.
Le sénateur souligne les efforts méconnus de Vallaud pour initier un vote des militants sur la candidature présidentielle avant l'été, tentative qui a été rejetée par la direction actuelle. Ouizille critique enfin Faure, affirmant qu'il privilégie des décisions unilatérales à l'échange et à la consultation, saluant l’importance de l’inclusion des membres du bureau national.
Selon des sources proches du dossier, des membres influents du PS sont préoccupés par cette dynamique, car elle pourrait aboutir à une division encore plus grande et à une perte de crédibilité auprès des électeurs.







