Marguerite Lapaire a laissé une empreinte dans l'histoire de la Résistance à Tours pendant la Seconde guerre mondiale. À la tête d'un hôtel-restaurant, elle a joué un rôle crucial en hébergeant des aviateurs alliés avant qu'ils ne rejoignent l'Angleterre ou l'Espagne. Pourtant, son parcours demeure largement ignoré.
Ce vendredi 8 mai, jour de l'armistice, Marguerite sera honorée par une inscription de son nom au monument aux morts de Brigueil-le-Chantre, dans la Vienne. Cependant, les détails sur sa vie demeurent rares. Pour combler ce vide historique, une association a lancé un appel à témoins afin de retracer son histoire.
Des débuts flous revêtus d'un nom
Tout commence comme une simple mention sur une liste de déportés. Patrice Bouteloup, vice-président du Souvenir Français de Montmorillon, s'est donné pour mission de retrouver des informations sur Marguerite. Malheureusement, il admet : "Madame Lapaire a été complètement oubliée, surtout à Tours, alors qu'elle était impliquée dans la Résistance depuis 1941".
En effet, Marguerite gérait un hôtel-restaurant au cœur de Tours, où elle s'est engagée dans un réseau d'évasion franco-belge. Cette organisation faisait passer des aviateurs britanniques en toute sécurité, transformant son établissement en logement et centre de communication.
Les infortunes de la mémoire
Malgré un mince dossier aux archives militaires de Caen, attestant de son titre de déportée résistante, les recherches de Patrice n'ont pas été fructueuses. "Il existe de nombreuses personnes qui ont sacrifié leur vie pour la France et dont nous avons perdu toute trace", précise-t-il, le constat étant partagé par Chantal Ciret, présidente d'ERIL (Etudes sur la résistance en Indre et Loire) : "Beaucoup de ces héros sont tombés dans l'oubli car ils n'ont jamais témoigné de leur vécu après la Libération".
À la recherche de descendants
Le seul espoir de retrouver davantage d'informations repose sur la chance de retrouver des descendants de Marguerite Lapaire en Touraine, même si sa fille et ses petites-filles sont décédées. "Nous espérons découvrir des lettres ou documents, peut-être un coffre oublié dans un grenier", déclare Patrice.
Ces découvertes pourraient permettre de reconstituer le récit de son engagement au sein de la Résistance avant son arrestation par la Gestapo en 1944, puis sa mort à Ravensbrück en 1945. Grâce à son réseau, Marguerite a contribué à sauver entre 700 et 1 000 résistants et aviateurs. Si vous disposez d'informations qui pourraient aider à retracer son histoire, n'hésitez pas à contacter Patrice Bouteloup au 06.01.33.60.58 ou par email à pat.bouteloup@sfr.fr.







