La Boulangerie des amis, gérée par un passionné de boulangerie, a récemment mis en place une initiative innovante : le principe du « pain suspendu ». Depuis quelques semaines, ce concept permet aux clients de contribuer à la distribution de pains aux personnes sans-abri près de Rouen (Seine-Maritime).
Cyril Hervieux, ancien cadre dans une grande compagnie d'assurance, a réalisé son rêve en lançant son fournil dans une extension de sa maison à Bihorel en 2022. Cet artisan a vu son entreprise, La Bouldam, prendre son envol avec une centaine de commandes par semaine. Les clients plébiscitent son pain bio, riche en goût et durable, avec des options créatives comme le pain aux pois chiches et cumin.
Chaque semaine, Cyril prépare environ 150 pains, auxquels il accorde toute son attention. « Je façonne les pâtons le vendredi et les fais cuire le samedi dès l’aube », explique-t-il. Les clients peuvent récupérer leur commande l’après-midi même, ou se servir sur un présentoir extérieur s'ils ne peuvent pas se déplacer. Sa passion pour la boulangerie n'est pas seulement une affaire d'affaires, mais d'amour du pain, et sa confiance se renforce grâce aux retours positifs.
« J’ai des retours touchants »
La démarche vers la solidarité ne s'arrête pas là. Inspiré par le concept napolitain du « café suspendu », Cyril a lancé le principe du pain suspendu. Les clients achètent un pain, puis en paient un autre pour ceux qui en ont besoin. Cyril y ajoute également un pain de sa propre générosité, souhaitant rendre le pain artisanal accessible à ceux qui n’ont pas les moyens de l’acheter.
« J'ai été touché par l'engouement dès le début. Chaque dimanche, je me rends au marché de Saint-Marc à Rouen, où je distribue les pains confectionnés, principalement à des femmes et des enfants. Au début, ils me regardaient avec étonnement, mais rapidement, un dialogue s'est installé. C’est ce que je recherche, plus qu'une simple distribution », confie Cyril, ému par les réactions qu'il reçoit.
Cette initiative n’est que le début. Cyril prévoit d'élargir son aide, notamment aux familles en difficulté dans le contexte économique actuel. « Certains clients prennent des pains pour leurs voisins ou amis. Je discute aussi avec la mairie de Bihorel pour envisager d’autres canaux de distribution », ajoute-t-il, déterminé à faire une différence dans sa communauté.







