Dans une petite commune de Canteleu, en Seine-Maritime, une situation alarmante a récemment fait surface. Décembre 2019, la tension monte lorsque des jeunes agressent un technicien chargé d’installer une caméra de surveillance. Un adjoint alerte alors la maire, Mélanie Boulanger, sur la nécessité de prévenir les « grands » du quartier, à savoir Aziz et Montacer Meziani, connus pour diriger un trafic de drogue local.
Les événements s'enchaînent rapidement. Les enquêteurs découvrent que l'adjoint impliqué, Hasbi Colak, devient le lien entre la mairie et les frères Meziani. Lors d'une opération policière, Colak aurait même prêté son téléphone à Montacer pour lui permettre de s'adresser à la maire, lui promettant de soutenir sa réélection.
« On va faire en sorte que vous soyez réélue », aurait glissé le trafiquant, créant un lien compromettant entre politique et criminalité. Quelques heures plus tard, Mélanie Boulanger adresse un message étonnant à la police : « Vos hommes ont eu une attitude qui a très fortement énervé les jeunes de Canteleu… c’était visiblement inutilement dégradant. »
En 2024, l'affaire explose lors d'un procès tumultueux. Si Mélanie Boulanger est relaxée pour absence de « acte positif » de sa part, son adjoint est condamné à un an de prison avec sursis, et Montacer Meziani écope quant à lui de huit ans de réclusion. Cette affaire révèle non seulement la vulnérabilité des élus face aux tentatives d'infiltration par les narcotrafiquants, mais suscite aussi de nombreuses interrogations sur l’intégrité des institutions.
De nombreux experts, tels que le criminologue Philippe Robert, soulignent l’importance de renforcer la vigilance au sein des collectivités pour éviter de tels rapprochements. « L’association entre élus et narcotrafiquants, même involontaire, peut entraîner des conséquences désastreuses pour la démocratie locale », affirme-t-il. Cette affaire de Canteleu a laissé des stigmates mais pourrait aussi servir de leçon pour d'autres collectivités en proie à des difficultés similaires.







