L'eurodéputée Rima Hassan est attendue au tribunal correctionnel de Paris ce mardi 7 juillet, suite à la polémique autour d'un tweet qu'elle a posté en mars dernier et qui a été supprimé peu après. Ce procès suscite déjà un fort engouement populaire, plusieurs centaines de voix se sont élevées en soutien à l'élue, et un rassemblement de soutien est prévu devant le tribunal, selon l’Humanité.
Rima Hassan, figure emblématique de la lutte en faveur du peuple palestinien, est accusée d'apologie du terrorisme. Le tweet controversé, posté le 26 mars, cite Kōzō Okamoto, un ancien membre de l'Armée rouge japonaise, et déclenche une campagne d'attaques médiatiques et politiques. La phrase, « J’ai consacré ma jeunesse à la cause palestinienne. Tant qu’il y aura oppression, la résistance ne sera pas seulement un droit, mais un devoir. », est qualifiée par ses soutiens de rappel d'un droit inscrit dans le cadre du droit international, à savoir le droit des peuples à résister face à l'occupation.
Une attaque contre la liberté d'expression
Plus de 200 personnalités, parmi lesquelles des élus et des intellectuels, ont signé une tribune pour défendre Rima Hassan contre ce qu'ils appellent une "criminalisation des voix pro-palestiniennes". L’Humanité, qui a publié leur déclaration, souligne l'importance de la liberté d'expression, même pour des propos polémiques.
Le débat autour de son tweet s'est intensifié, surtout après son audition par les forces de l'ordre le 2 avril, qui a été marquée par une désinformation relayée dans certains médias concernant une prétendue possession de drogues. Rima Hassan a alors dénoncé une cabale médiatique, accusant des fuites illégales qui ont déformé la réalité des faits, et a précisé que seule la présence de cannabidiol (CBD), légal en France, a été constatée.
« La justice manque de moyens, mais manifestement pas lorsqu’il s’agit de poursuivre des opposants politiques, » a critiqué Me Vincent Brengarth, l’avocat de Rima Hassan, dans un tweet. Son soutien s'affirme clairement : « Au nom de la liberté d’expression, je plaiderai la relaxe de Rima Hassan. »
Pour marquer cette journée de contestation, un rassemblement est prévu à partir de 12h30 sur le parvis du tribunal, où Rima Hassan prendra la parole en compagnie d'élus des partis insoumis et écologistes. Ce procès s'annonce comme un test pour la liberté d'expression en France, en particulier pour les voix dissidentes concernant des questions internationales délicates.







