À 91 ans, Rémi vit seul mais, en cas de chute ou d'angoisse, il se sent en sécurité. Dans la Vienne, des familles trouvent la sérénité grâce à un petit boîtier qui peut tout changer en quelques secondes.
Assis dans son salon, Rémi Benoiton, utilisateur de l’Aide à domicile en milieu rural (ADMR) de La Villedieu-du-Clain, appuie sur le bouton de sa montre connectée. En un instant, il entend la voix d’une opératrice de la plateforme Filien, une filiale de l’ADMR. Elle lui demande si tout va bien. Rémi sourit et répond : « Oui, c’était juste un essai. Tout va pour le mieux. » « Parfait, M. Benoiton, passez une bonne journée ! » conclut l’opératrice.
Lorsque le système de télésurveillance a été installé, sa femme était toujours à ses côtés. « Si elle tombait, je ne pouvais déjà plus la relever seul. C’était une assurance précieuse. » Bien que son épouse soit désormais décédée, Rémi continue de considérer ce système comme réconfortant. Il se remémore un incident survenu à 3h du matin : « Je suis tombé dans les toilettes et n'ai pas pu me relever. C’était idiot de paniquer, mais c'est là l'essence du système : nous rassurer en sachant qu'une aide est toujours à portée de main, » explique-t-il.
Téléassistance ne signifie pas perte d’autonomie
Grâce à l’offre Filien, l’ADMR garantit aux seniors une tranquillité d'esprit 24 heures sur 24. Brigitte Bellicaud, présidente de l’association ADMR de La Villedieu-du-Clain, souligne : « M. Benoiton bénéficie de 28 heures d'aide à domicile par mois. Il est autonome, va chercher son journal, fait ses courses et participe à des jeux de belote chaque jeudi. »
Brigitte, en tant que bénévole, rappelle que pour installer le système, seule une connexion Internet est nécessaire. « Nous définissons les numéros d’urgence et notons les éventuelles pathologies. Ces informations sont cruciales en cas d’intervention des secours, » ajoute-t-elle. Sarah Toulat, chargée d’activité à l’ADMR, précise que les numéros d’urgence doivent correspondre à des proches situés à moins de trente minutes.
Actuellement, seulement 2 % des bénéficiaires de l’ADMR de la Vienne utilisent la téléassistance. « Bien plus pourraient en bénéficier, mais il y a une idée reçue selon laquelle la téléassistance rime avec perte d’autonomie. En réalité, c'est un moyen de la préserver, » conclut Sarah. À 91 ans, l’esprit vif et l’énergie de Rémi illustrent cette réalité.







