Les défis de la natalité en Chine : entre primes gouvernementales et réticences des couples

Malgré les primes, la natalité en Chine atteint des niveaux alarmants.
Les défis de la natalité en Chine : entre primes gouvernementales et réticences des couples
La 14e Assemblée nationale populaire (ANP) a ouvert sa quatrième session au Palais de l'Assemblée du Peuple à Pékin, capitale de la Chine, le 5 mars 2026. © Xinhua via AFP

En Chine, le taux de natalité a atteint un creux alarmant, se faisant le reflet d'une préoccupation grandissante pour le gouvernement, qui a récemment lancé de nouvelles incitations financières. Le 15e Plan quinquennal met l'accent sur la nécessité d'encourager la natalité, alors que les projections des Nations unies annoncent une réduction significative de la population, potentiellement divisée par deux d'ici 2100.

Zhang Xiaofei, une mère de 32 ans, explique que, bien que les nouvelles primes de 3.600 yuans (environ 449 euros) par enfant représentent un coup de pouce appréciable, elles ne suffisent pas pour compenser les frais de la vie à Pékin où elle et son mari continuent à travailler. "Nous voulons offrir à notre enfant la meilleure qualité de vie possible", confie-t-elle dans leur appartement de Langfang.

Malgré les 100 milliards de yuans (approximativement 12,48 milliards d'euros) investis par le gouvernement pour soutenir 33 millions de familles, de nombreux couples hésitent encore à franchir le pas. Selon Zhu Yunfei, mari de Zhang, cette prime équivaut à seulement 1,5 % de leurs revenus annuels, insuffisante pour couvrir les besoins d'un enfant dans une ville où le loyer atteint 6.000 yuans par mois. Dans une plaisanterie répandue sur internet, certains comparent cette aide à "un bon d'achat de cinq yuans pour une Rolls-Royce".

"Les aides comme ces 3.600 yuans n'impactent guère la fécondité", met en garde la démographe Yun Zhou de l’Université du Michigan, qui souligne la préoccupation d'une discrimination omniprésente envers les femmes sur le marché du travail.

Des jeunes couples, comme Li dans le Henan, envisagent de prendre des emplois supplémentaires, tandis que d'autres, comme Yuan Limei, une mère de deux enfants, préfèrent s'abstenir d'avoir un troisième enfant, car les frais liés à l'éducation sont perçus comme trop élevés. "Élever un enfant est plus difficile qu'un chien ou un chat", admet-elle tout en regardant son fils jouer.

Les difficultés rencontrées par les couples sont accentuées par un équilibre précaire entre vie professionnelle et vie familiale, des préoccupations qui pèsent lourdement sur leur désir d'agrandir leur famille. D'après des économistes, le défi de la natalité en Chine est bien plus qu'une simple question de primes, touchant à des enjeux économiques et sociétaux de grande envergure.

Lire aussi

Les prix du baril de Brent explosent : plus de 100 dollars en conséquence du conflit au Moyen-Orient
Découvrez pourquoi le prix du baril de Brent dépasse désormais 100 dollars, une hausse de 42% depuis le début du conflit au Moyen-Orient. Analyse des tendances et réactions des experts.
00h03
La RATP renoue avec les bénéfices : un tournant après trois années de pertes
En 2025, la RATP annonce un bénéfice de 217 millions d'euros après trois ans à perte, malgré une baisse de son trafic comparé à l'avant-pandémie.
13 mars
Fermeture de la ligne TER Rive droite du Rhône : un an de travaux en perspective
La ligne TER Rive droite du Rhône sera fermée du 16 mars pour un an en raison de travaux de modernisation. Découvrez les impacts et les investissements engagés.
13 mars
Dubaï en crise : la chute des touristes met en danger des milliers d'emplois précaires
Découvrez comment la guerre au Moyen-Orient affecte le tourisme à Dubaï, mettant en péril l'emploi de milliers de travailleurs expatriés.
13 mars
Les chiffres impressionnants de l'aéronautique dévoilés
Découvrez les incroyables dimensions et vitesses du secteur aéronautique, des records qui surprennent et enflamment l'imaginaire.
13 mars
Bourses asiatiques en baisse et pétrole stable autour des 100 dollars : l'analyse
Les marchés asiatiques subissent une chute tandis que le prix du pétrole demeure élevé. Analyse des tensions au Moyen-Orient.
13 mars