Les habitants de Téhéran ont été surpris par une épaisse fumée noire le dimanche 8 mars, lorsque des dépôts de pétrole de la capitale ont été frappés. Selon les sources officielles, quatre dépôts et un site logistique ont été touchés, entrainant la mort d'au moins six personnes et des blessures pour environ vingt autres.
Cependant, les forces américaines et israéliennes ont jusqu'à présent épargné l'île de Kharg, située à environ 20 km des côtes iraniennes et qui représente près de 90% des exportations pétrolières de l'Iran, principalement à destination de la Chine. Cette petite île, d'environ 25 km², est essentielle pour le fonctionnement de l'économie iranienne, comme l'a souligné la CIA dans une note déclassifiée de la guerre Iran-Irak.
Les installations de Kharg sont également une source de revenus cruciales pour les Gardiens de la Révolution, contribuant à environ la moitié des revenus pétroliers du pays selon des estimations de Reuters.
Washington assure ne pas viser le pétrole
Au cours du week-end, les chargements de pétrole se poursuivaient sur l'île, malgré la paralysie du trafic maritime dans le détroit d'Ormuz. Les images satellites montrent que plusieurs pétroliers étaient toujours à quai. Bloomberg a rapporté que les activités sur l’île semblaient relativement normales.
Interrogé par CNN, le ministre de l'Énergie des États-Unis, Chris Wright, a insisté sur le fait que les États-Unis n'avaient pas l'intention de cibler l'industrie pétrolière iranienne, clarifiant que les frappes avaient exclusivement touché des sites de stockage à Téhéran.
Une attaque ferait encore grimper les prix du pétrole
Les discussions au sein du gouvernement américain sur la possibilité d'une attaque contre Kharg continuent d'alimenter les spéculations. Des responsables auraient discuté de l'envoi de forces spéciales sur des sites nucléaires, comme l'a rapporté Axios. Donald Trump a même évoqué la possibilité d'une action militaire dans un futur proche.
Toute action contre l'île de Kharg pourrait causer une flambée des prix du pétrole. Le Centre pour des études stratégiques et internationales (CSIS) prévoit qu'une telle attaque pourrait entraîner une hausse significative du prix du brut mondial, dépassant potentiellement les 100 dollars le baril. Cela pourrait également créer des tensions avec la Chine, un partenaire essentiel pour l'Iran, comme l'indiquent d'autres analystes.
"Si Kharg subissait des dommages, cela aurait des implications considérables pour l'approvisionnement mondial, principalement destiné aux marchés asiatiques", a précisé un expert à E&E News.
Dans le contexte actuel, alors que les tensions militaires s'intensifient, la question demeure de savoir combien de temps Kharg pourra rester intact et comment cela affectera les dynamiques géopolitiques dans la région.







