La station d'essence communale de Clécy, située dans le Calvados, traverse actuellement une période de turbulence. En raison du conflit en Iran et de la fermeture du détroit d'Ormuz, l'approvisionnement en carburant devient un véritable casse-tête pour les autorités locales. Les pompes sont pratiquement à sec et les prix du gasoil s'envolent, ce qui complique la vie quotidienne d'une commune déjà isolée.
Raymond Carville, le maire de Clécy, explique la situation : « Cette station existe depuis environ dix ans, car il n'y en a pas d'autres dans un rayon de plusieurs kilomètres. La plus proche se trouve à Thury-Harcourt, à dix kilomètres d'ici. » Gérée par la mairie, la station est un service essentiel pour les habitants, dont la gestion quotidienne inclut le contrôle des stocks et la fixation des prix. Actuellement, les stocks sont sous tension, poussant la mairie à surveiller les quantités disponibles plusieurs fois par jour.
La station communale a pour vocation de servir la population sans faire de bénéfices. « Nous couvrons les frais de gestion, mais nous ne sommes pas là pour faire des profits et nous ne pouvons pas vendre à perte », précise Raymond Carville. En moyenne, la station commande 36 000 litres de carburants tous les vingt jours. Cependant, le conflit en Iran a perturbé les chaînes d'approvisionnement. La cuve de sans-plomb 95 est déjà vide depuis le 6 mars, et le maire reste dans l'incertitude quant aux prochaines livraisons. « Nous attendons une commande, mais il est difficile d'avoir des garanties sur les quantités », confie-t-il, préoccupé par la vague d'incertitude qui s'installe.
La frustration des automobilistes
Les automobilistes de Clécy subissent également les conséquences de cette crise d'approvisionnement. Bruno, un habitant, se rend à la station en espérant faire le plein, mais se retrouve devant une pompe sèche. « Je n'avais pas réalisé qu'il y avait une rupture de stock. Je vais devoir chercher ailleurs », admet-il. Cette situation suscite une certaine résignation parmi les usagers, qui doivent s'adapter à cette nouvelle réalité.
Océane, 27 ans, a plus de chance avec son véhicule diesel, même si le prix du gasoil à 1,95 € lui semble exorbitant. « Je vais limiter mes déplacements pour ne pas exploser mon budget », assure-t-elle, soulignant que le prix en grande surface dépasse déjà les 2 euros. Malgré ces tarifs, elle préfère encore se rendre à la station communale.
Alors que la crise se poursuit, les habitants de Clécy espèrent rapidement retrouver une situation normale, tout en redécouvrant l'importance de cette station, véritable bouée de sauvetage dans leur quotidien.







