En l'espace d'une semaine, le coût moyen du litre de gazole a bondi de 15 %, tandis que l'essence sans plomb 95-E10 n'a augmenté que de 5 %. Un lecteur de Dinan, Yves, se questionne sur cette disparité. Analysons ces évolutions.
Évolution des prix du gazole
Le prix du litre de gazole a grimpé en moyenne de 1,70 € le 27 février à 1,95 € le 6 mars, enregistrant même un pic à plus de 2 € quelques jours plus tard, selon les données du gouvernement, relayées par Ouest-France. En parallèle, l'essence sans plomb 95-E10 s'établit à 1,79 €, creusant ainsi un écart de seize centimes entre les deux carburants. Fait surprenant, le gazole est soumis à une fiscalité inférieure à celle de l'essence, avec des taxes respectivement de 61 et 67 centimes par litre.
Causes de la hausse du gazole
Le principal moteur de cette augmentation rapide est l'envolée des prix du pétrole brut. Le tarif du baril de Brent a franchi la barre des 100 dollars avant de revenir à 85 dollars. Blandine Ruty, secrétaire générale de l'Ufip (Union des industries pétrolières), déclare : « Une hausse du baril entraîne une hausse des prix des produits raffinés. Sur le marché européen, l'essence a augmenté de 22 % et le gazole de 67 % depuis fin février. »
Origines de la différence
Cette différence est principalement due à la dépendance de l'Europe aux importations de gazole, notamment en provenance du Proche-Orient, qui représente 40 % de la consommation européenne. En France, 50 % du gazole est importé, dont 28 % directement du Moyen-Orient. Par ailleurs, la demande accentuée de fioul domestique durant l'hiver joue un rôle aggravant sur les prix du gazole, un produit étroitement lié.
Conséquences de cette flambée
Le tarif d’un plein de 40 litres de gazole a gonflé d'une dizaine d'euros en seulement une semaine, alors que l'évolution pour l'essence est légèrement moins marquée. En France, le gazole constitue 69 % des ventes de carburants routiers, contre 18 % pour le sans-plomb 95-E10. Pour atténuer l'impact sur le pouvoir d'achat, le Parti Socialiste propose d'instaurer un chèque énergie à destination des ménages les plus fragiles, sans préciser les modalités de financement. En réaction aux abus de prix, le ministre du Commerce, Serge Papin, a indiqué que 231 stations-service avaient été contrôlées, et que 6 % d'entre elles avaient été sanctionnées pour des pratiques abusives : « Certaines stations annoncent des prix attractifs en ligne, ne respectant pas ces tarifs à l'arrivée. »







