Alors que les prix des carburants continuent leur ascension, le gouverneur de la Banque de France, François Villeroy de Galhau, se montre catégorique : « Nous n’avons plus d’argent ». Lors d'une interview sur RTL, il a exprimé ses craintes quant à l'addition inévitable des déficits si des mesures de soutien à large échelle étaient mises en œuvre.
Les partis d'opposition, notamment le Rassemblement national, demandent une réduction de la fiscalité sur l'énergie, tandis que La France insoumise exige un blocage des prix des carburants. La porte-parole du gouvernement, Maud Bregeon, a déclaré qu'il était « trop tôt » pour envisager de nouvelles aides, soulignant ainsi la prudence du gouvernement face à la flambée des prix.
François Villeroy de Galhau a insisté sur le fait qu'une aide financière, quelle qu'elle soit, serait insoutenable pour le budget national. « Si nous creusons encore les déficits, cela va pénaliser les Français eux-mêmes », a-t-il averti, ajoutant que cela pourrait engendrer une augmentation des taux d'intérêts, impactant les crédits immobiliers des ménages.
À l'approche de son départ en juin, le gouverneur a plaidé pour une « conquête de notre indépendance énergétique », en appelant à investir dans la transition énergétique. Éric Lombard, ancien ministre de l'économie, partage son avis : « Nous n’avons plus les moyens, comme lors du Covid, de faire des mesures de soutien général ».
Cependant, il reste optimiste concernant la croissance économique. La Banque de France prévoit une augmentation limitée du PIB pour le premier trimestre, avec des chefs d'entreprise s'attendant à une croissance de 0,2 % à 0,3 %. Malgré des signaux internationalement préoccupants, la croissance française devrait rester positive.
François Villeroy de Galhau table sur « un peu plus d’inflation et un peu moins de croissance » par rapport à l'année précédente, éloignant néanmoins tout scénario apocalyptique de stagflation. Ce dernier a souligné que l’augmentation actuelle des prix des carburants est essentiellement regardée à travers le prisme de la situation en Ukraine, mais a insisté sur le fait que tous les prix des matières premières n'avaient pas connu la même flambée.
Malgré une situation économique apparemment robuste, les Français restent préoccupés. Ils ressentent fortement l'augmentation des coûts, notamment dans le secteur de l'énergie, où l'indice de transport pèse sur leur quotidien. Le gouverneur a voulu souligner que l'indice global des prix reste stable, bien que des secteurs spécifiques montrent une pression accrue sur le budget des ménages.







