La menace de minage du détroit d'Ormuz par l'Iran est de plus en plus présente. Ce mardi, Donald Trump a clairement mis en garde le régime de Téhéran, avertissant que les conséquences seraient gravissimes si des mines étaient effectivement déposées et non rapidement retirées.
Selon les informations rapportées par CNN, l'armée iranienne aurait déjà placé de nombreuses mines dans cette zone stratégique, par laquelle transite près de 20 % des hydrocarbures mondiaux. En réponse, Emmanuel Macron a déclaré qu'il n'avait pas eu, pour sa part, de confirmation d'une telle activité, mais a mentionné que cela constituerait une grave escalade pour l'Iran.
Le déploiement de mines sous-marines est une tactique redoutable qui pourrait changer la dynamique du conflit au Moyen-Orient. Ces mines sont efficaces pour obstruer les voies maritimes, car elles sont simples à poser et délicates à neutraliser. "Un simple bateau peut très facilement balancer une de ces mines à la mer," explique Stéphane Audrand, consultant en sécurité maritime.
"Environ 77 % des pertes des navires américains depuis la Seconde Guerre mondiale sont dues à des mines," souligne Audrand. Pendant la guerre du Golfe, des mines avaient suffi à empêcher les forces américaines de débarquer au Koweit.
Les types de mines en circulation sont variés, dont certaines fonctionnent par contact direct. Les mines "à orin", par exemple, flottent sous la surface et explosent lorsqu'un navire les touche. Le coût de fabrication de ces mines ne dépasse guère 1 500 dollars, et l'Iran disposerait de 5 000 à 6 000 mines, capable de causer de graves dommages à n'importe quel type de navire.
Des mines par lance-roquettes
Les mines peuvent également être posées à l'aide de lance-roquettes, comme l'a récemment révélé un report de la télévision d’État iranienne. Cela permettrait de les disperser sur de larges zones sans éveiller les soupçons. "C'est un jeu dangereux," avertit Audrand, car des mines peuvent accidentellement frapper des navires amis.
Le détroit d’Ormuz est le cœur névralgique du commerce pétrolier, et la perturbation de ce passage pourrait entraîner une hausse des prix du pétrole au-delà de 100 dollars le baril. La fermeture éventuelle pendant cette période serait un coup dur pour l'économie mondiale, avec des pertes estimées à environ 1,38 milliard de barils de pétrole. Mais cette stratégie n'est pas sans risque pour l'Iran lui-même, car les mines, même programmables, ne discriminent pas entre les navires.
"Le jour où Téhéran décidera de miner ce passage, c'est un acte de guerre majeur," conclut Stéphane Audrand.
Les marines occidentales ne sont pas sans réponse, avec des capacités de déminage d'efficacité prouvée. Cependant, décontaminer le détroit d’Ormuz serait un processus non seulement long mais également périlleux sous la menace de l'artillerie iranienne. Les récents attentats américains visent justement à neutraliser les capacités navales iraniennes, cherchant à empêcher cette stratégie de déni maritime.







