Le nouveau porte-avions, révélé par Emmanuel Macron, sera officiellement désigné sous le nom de "la France libre". Cette décision a été confirmée jeudi par l'Académie française, qui stipule que, selon la tradition, l'article doit s'accorder avec le nom féminin du navire.
"L'Académie française respecte rigoureusement les règles typographiques établies par l'Imprimerie nationale", a déclaré un porte-parole de l'institution à l'AFP, le lendemain même de l'annonce présidentielle. Ce bâtiment de nouvelle génération devrait être opérationnel d'ici 2038.
"Dans la Marine nationale, il est de tradition que l'article s'accorde au nom. C'est ainsi que nous dirons la France libre. En revanche, cela diffère dans la marine marchande où l'accord se fait avec le type de navire, comme le Normandie ou le France", explique une représentante de l'Académie.
Le "Lexique des règles typographiques en usage à l'Imprimerie nationale" précise que "l'article qui précède le nom propre français doit prendre le genre de celui-ci". Cette recommandation a été validée par des circulaires ministérielles datant de 1934 et 1955, approuvées par l'Académie française et l'Académie de marine.
Ainsi, pour les vaisseaux militaires, des marins servaient sur "la Somme" ou "la Jeanne d'Arc", traduisant l'importance d'un accord grammatical correct.
Des exceptions consacrées par l'usage
Cependant, l'Imprimerie nationale reconnaît des exceptions, souvent imposées par l’usage. Lors de son discours, Emmanuel Macron a fini par dire "Vive la République! Vive la France! Vive le France libre!", prenant ainsi un peu de liberté avec la convention.
Nicolas Mioque, qui anime un site historique maritime, avait déjà abordé ce sujet dans un article de 2015, soulignant l’importance de la circulaire de 1934 du ministre de la Marine, François Pietri.
L'article précise qu'il doit être utilisé quand on cite un navire de guerre sans le nommer par sa catégorie. Les exceptions ne se font qu'en style télégraphique, comme le montre par exemple l'usage du "le" devant un navire dans des cas spécifiques comme le "contre-torpilleur Le Fantasque". Ce respect des règles typographiques démontre l'attachement à une tradition qui perdure au sein de la Marine nationale.







