Auteur de romans et organisateur de plusieurs salons du livre en Normandie, Bruno Amato publie le 23 mai un ouvrage intitulé « L’odeur du pain grillé », s'inspirant d'une histoire tragique qui a marqué l'actualité judiciaire de l'Eure.
Dans ce seizième récit, Amato mélange habilement fiction et réalité. « C’est mon histoire d’enfant. Un choix littéraire qui me protège tout en respectant les autres protagonistes », explique-t-il. Son récit se concentre sur des agressions sexuelles et un procès retentissant à Évreux en 2024, impliquant un ancien dirigeant de club de gymnastique condamné pour des viols.
Bruno Amato, qui a grandi à Louviers, décrit une expérience traumatisante. « Entre 7 et 10 ans, j’ai subi des abus de la part d’un animateur lors de sorties scolaires. Par honte, je n’ai jamais rien dit. Une convocation de la gendarmerie des années plus tard a ravivé des souvenirs enfouis et m’a poussé à réaliser que je n'étais pas seul ; d'autres victimes avaient également porté plainte », raconte-t-il.
Shocked, il découvre que près d'une trentaine d'enfants ont été touchés. Bien qu'il soit trop tard pour porter plainte pour ses propres abus en raison de la prescription, il dévoile que son souvenir était toujours vivant. « J’ai promis que si l’occasion se présentait de parler, je saisis la main qui m’était tendue. Aujourd’hui, l’agresseur est derrière les barreaux », souligne-t-il.
Se libérer à travers les mots
En février 2024, il assiste au procès de son agresseur, un moment qui le pousse à envisager son récit. « C'était un parcours émotionnel extrêmement intense, me privant de sommeil, et permettant aux larmes d'affluer. La honte d'avoir été violé et de n'avoir rien dit pesait lourdement sur mes épaules. Maintenant qu'il a reconnu ses actes, j’entame un processus de reconstruction », confie-t-il.
Dans « L'odeur du pain grillé », il précise que tout est vrai, à l'exception des personnages. « J’ai embellit et romancé certaines réalités pour faciliter la lecture. C’est mon regard sur ces événements, sans interroger les autres victimes », affirme-t-il.
Un message d’espoir
Amato ne cherche pas seulement une catharsis personnelle. Il souhaite également faire passer un message fort : « Un garçon violé peut se reconstruire malgré les épreuves. Si je peux aider une personne à parler de son mal-être, cela aura un immense impact », dit-il, affichant aujourd'hui un état d'esprit pacifié. « Je suis dans l’acceptation, presque dans le pardon. Mon agresseur sera bientôt libre, et cela ne me trouble pas. Le voir menotté a validé mon statut de victime », ajoute-t-il.
Une interrogation persiste à l'esprit de l'écrivain : « Ce temps en prison a-t-il été utilisé pour son traitement ? Je m’inquiète pour de potentielles victimes futures. Si je le croise, mon cœur s’accélérera, mais je ne détournerai pas le regard », rappelle-t-il.
En parallèle de la promotion de son livre, Amato participera à un certain nombre de salons et interviendra lors de conférences, notamment le 28 mai au Quai des Mots à Louviers.
« Malgré les tragédies, une issue positive est possible. C'est le sens de mon titre, L’odeur du pain grillé, qui évoque les plaisirs simples de la vie après des moments sombres », conclut-il. Ce livre représente une nouvelle étape dans la carrière littéraire de Bruno Amato, qui vient d’achever son dix-septième ouvrage, « Attacher du bleu aux nuages », un roman optimiste visant à favoriser la libération personnelle avant de se lancer dans un prochain polar.
L’odeur du pain grillé de Bruno Amato, Éditions S-Active - 268 pages - 19,50 euros







