Le secrétaire d'État américain Marco Rubio a foulé le sol du Vatican jeudi, dans le but de calmer les tensions suscitées par les récentes critiques acerbes du président Donald Trump à l'encontre du pape Léon XIV. Cette rencontre s'inscrit dans un contexte diplomatique délicat et au moment où les relations entre Washington et le Saint-Siège sont mises à l'épreuve.
Arrivé peu avant 11H15 (09H15 GMT) au palais apostolique, Rubio a eu une audience à huis clos avec le souverain pontife d'environ 45 minutes, comme l'a rapporté l'AFP. En amont de son voyage, le secrétaire d'État, fervent catholique, a cherché à relativiser les récentes attaques du président contre le souverain pontife, qui ont eu lieu en plein débat sur la guerre au Moyen-Orient et la crise migratoire.
"Nous avions prévu ce voyage auparavant, et il est évident que les événements récents ont apporté un nouveau contexte", a-t-il indiqué lors d'une conférence de presse à la Maison Blanche. Il a souligné l'importance de la liberté religieuse comme sujet central de la discussion avec le Vatican.
L'ambassadeur des États-Unis auprès du Saint-Siège, Brian Burch, a également évoqué la probabilité d'un échange "franc" entre Rubio et le pape, ajoutant que des conversations candidement critiques pourraient émaner de cette rencontre.
Au programme, Rubio doit également s'entretenir avec le cardinal Pietro Parolin, numéro deux du Saint-Siège, et rencontrer la Première ministre italienne, Giorgia Meloni. "On l'écoutera", a déclaré Mgr Parolin, précisant que l'initiative de ce dialogue provient de Washington. "Nous ne pouvons ignorer les événements des derniers jours".
Les relations entre l'administration Trump et le Vatican ont connu un sérieux coup de froid depuis l'enthousiasme initial lié à l'élection du premier pape américain. Les tensions se sont intensifiées notamment après que Trump a qualifié le pape Léon XIV de "faible" en matière de criminalité et de politique étrangère, des déclarations qui ont entraîné une onde de choc parmi les catholiques et dans divers cercles gouvernementaux.
En réponse, le pape a affirmé ne pas avoir "peur" de l'administration Trump et a réaffirmé son devoir moral de s'opposer à la guerre. Dans une récente déclaration, Trump a critiqué le pape, affirmant qu'il pourrait "mettre en danger" de nombreux catholiques.
Marco Rubio avait déjà rencontré Léon XIV en mai 2025, quelques jours après son élection, soulignant ainsi le développement de ces relations diplomatiques. Le pape, qui fêtera son premier anniversaire à la tête des 1,4 milliard de catholiques vendredi, a un parcours riche en Amérique latine, ayant vécu au Pérou plus de deux décennies.
Un autre sujet prioritaire de la rencontre portera sur Cuba, un pays sur lequel le Saint-Siège a un rôle diplomatique actif depuis longtemps. Rubio, dont les parents sont d'origine cubaine, a longtemps été en première ligne pour faire pression sur le gouvernement communiste cubain. Avec la chute de Nicolas Maduro, ancien président vénézuélien et allié de La Havane, les États-Unis intensifient leur politique de sanctions sur l'île, qui endure déjà un embargo de plus de soixante ans.
Cette réunion s'annonce donc cruciale pour redéfinir les contours de la relation entre les deux institutions à un moment où de nombreux défis demeurent sur la scène mondiale.







