Le banquier Kakhramonjon Olimov a récemment déploré avoir été victime d’un enlèvement avec séquestration qui se serait produit entre le 22 et le 23 juin à Paris puis dans la région niçoise. Cette affaire a pris une tournure plus complexe avec la mise en examen de quatre nouveaux suspects ces derniers jours.
Parmi les suspects figurent trois hommes et une femme, tous soupçonnés d’avoir été impliqués dans cet enlèvement audacieux, qui s'est déroulé en plein Paris. Cette information a été confirmée par le parquet, après une récente demande de précision adressée à l’AFP.
Avec cette nouvelle série de mises en examen, le nombre total de suspects dans cette affaire atteint six, depuis l’ouverture de l’information judiciaire le 29 juin par la juridiction interrégionale spécialisée (Jirs) de Paris.
« Le commanditaire connaissait la victime »
L’affaire débute par la déposition d’une plainte le 24 juin. Selon le parquet, Kakhramonjon Olimov, « lié à la banque Anorbank », a dénoncé un enlèvement violent qui aurait eu lieu à Paris. Dans un entretien accordé au journal Le Monde, le banquier a relaté comment il avait été attiré dans un stratagème orchestré par une femme, avant de se retrouver enlevé.
Il raconte avoir subi diverses violences, dont un simulacre de pendaison et des humiliations filmées. Kakhramonjon Olimov assure avoir reconnu l’un des agresseurs, lié à un ex-associé avec qui il est en conflit d’intérêts. Il prétend avoir été contraint de signer une reconnaissance de dette de 5 millions de dollars, après avoir versé un acompte de 200 000 dollars, avant d'être libéré.
« Les circonstances de cet enlèvement semblent liées à des relations mafieuses en Ouzbékistan », a déclaré une source proche de l’enquête. « Le commanditaire connaissait visiblement bien la victime, ayant des antécédents commerciaux avec elle, et des tensions étaient palpables. »
Des arrestations clés dans cette enquête
Le 29 juin, un premier suspect a été mis en examen et placé en détention dans le cadre de cette affaire, accusé d’arrestation, enlèvement et séquestration en bande organisée, ainsi que d’extorsion avec arme. Le 24 juillet, une femme a été interpellée en Turquie et est considérée comme l'appât présumé. Après avoir été remise à la France, elle a été aussi mise en examen et écrouée.
Récemment, entre le 16 et le 20 janvier, quatre autres individus ont été mis en examen, deux d'entre eux ayant été placés en détention, tandis que les deux autres sont sous contrôle judiciaire. L’un des suspects, considéré comme « ami de l’appât », aurait eu connaissance du projet d’enlèvement, tandis qu’un autre est soupçonné d’héberger les malfaiteurs. Selon son avocat, Me Julien Fresnault, un troisième suspect, suspecté d'être chauffeur dans l’affaire, aurait agi sans violence.
Un quatrième individu a été appréhendé à l’aéroport de Nice alors qu'il tentait de fuir vers la Géorgie et a depuis fait appel de sa mise en détention provisoire.







