La guerre au Moyen-Orient a des répercussions inattendues, notamment dans le secteur du bâtiment, où les entreprises se voient forcées d'augmenter leurs tarifs en raison de l'envolée des coûts énergétiques. Les matériels indispensables pour les chantiers, y compris l'aluminium, subissent une augmentation significative, ce qui se traduit par des factures de travaux en forte hausse.
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Christophe Cormier, directeur industriel du Groupe Janneau, fait face à une situation sans précédent. Après avoir enduré des crises antérieures telles que la pandémie de Covid-19 et les conséquences de la guerre en Ukraine, il ne pensait pas que la situation actuelle pourrait être encore plus alarmante. L'inquiétude majeure concerne l'aluminium, matière première essentielle pour ses fenêtres. "95 % de nos fenêtres sont composées d'aluminium", souligne-t-il.
Le prix de l'aluminium a considérablement grimpé depuis le début du conflit au Moyen-Orient, en raison de l'impact sur certains des plus grands fournisseurs mondiaux, ciblés par des attaques récentes. Le coût du kilo a augmenté de 4 euros à 4,70 euros en un rien de temps. "Cela peut sembler minime, mais sur une commande de 700 tonnes, cela représente plus de 500 000 euros d'augmentation sur une année", explique-t-il, l'air inquiet.
Une hausse des prix pour subsister
Les bureaux du Groupe Janneau sont désormais inondés de notifications d'augmentation de prix. "Nous devons ajuster nos tarifs d'environ 15 à 17 % par rapport aux niveaux de 2025", confie-t-il. Les hausses de tarifs s'accumulent à un rythme alarmant et compliquent la planification financière. Le groupe a donc décidé d'augmenter ses prix de vente de 5 %. "Ainsi, une menuiserie posée, actuellement à 1 600 euros hors taxe, coûtera 100 euros de plus d'ici deux mois," prévient Pierre Bordier, directeur général.
Les chantiers de rénovation touchés
Les répercussions sont également visibles dans les chantiers de rénovation. À Isonet, un spécialiste de l’isolation basé dans l'Orne, Dimitri Villot fait état d'une hausse brutale des prix. "Les isolants en polystyrène ont augmenté de 15 %, et même les rails en aluminium et la peinture subissent des hausses de 10 %", indique-t-il. Bien que les prix varient, l'origine du problème est claire : beaucoup de ces matériaux dépendent du pétrole. "Avec l’augmentation du prix du carburant liée au conflit actuel, il est inévitable que cela se répercute sur nos matériaux," précise Villot.
Il explique également à ses clients qu’ils doivent s’attendre à des devis plus élevés. "Pour des projets comme ces rénovations, le coût pourrait passer de 18 000 à 21 000 euros, une hausse qui pourrait freiner certains projets," note-t-il, conscient de l’impact potentiel de ces augmentations. Si la situation actuelle persiste, les hausses de prix pourraient se poursuivre, menaçant l'avenir du secteur et des nombreux projets en cours.
Sources :
Liste non exhaustive.







