Les manifestations en Iran se sont intensifiées ces derniers jours, déclenchant des violences tragiques qui ont coûté la vie à plusieurs personnes. Selon l'agence de presse Fars, au moins trois civils ont été tués dans des affrontements à Azna, dans la province du Lorestan. En ajoutant ces incidents aux deux précédents décès dans la ville de Lordegan, le bilan total des victimes depuis le début de cette mobilisation atteint désormais six.
Ce mouvement de protestation a débuté dimanche à Téhéran, lorsque des commerçants ont décidé de fermer leurs boutiques pour dénoncer l’hyperinflation qui frappe le pays, avec des taux atteignant 52 % sur l’année. La dévaluation rapide du rial et la crise économique grandissante ont ravivé l’indignation des citoyens. Les manifestations, bien que spontanées, reflètent un mécontentement généralisé au sein de la population, touchant désormais des universités et diverses villes moyennes.
Les récents affrontements ont éclaté lorsque des manifestants ont attaqué un commissariat à Azna lors d'un rassemblement pacifique, entraînant l'intervention des forces de sécurité. Le président Massoud Pezeshkian a appelé son gouvernement à réagir rapidement face à cette urgence sociale, avertissant que la négligence envers les conditions de vie des citoyens pourrait mener à des conséquences désastreuses.
Pour sa part, la justice iranienne a prévenu que toute tentative de déstabilisation continuerait d'être réprimée, affirmant que des mesures strictes seraient prises contre ceux qui chercheraient à transformer cette contestation en une menace pour l'ordre public. Loin d’atteindre l’ampleur des manifestations de 2022, le climat actuel se caractérise par une combinaison de frustration et de tension, exacerbée par les sanctions internationales qui continuent d'affecter l'économie du pays.
Des experts, comme le sociologue iranien Dr. Hamid Alavi, soutiennent que la colère des protestataires est un appel désespéré à l'aide, une tentative de faire entendre leurs voix dans un système qu'ils perçoivent comme sourd à leurs souffrances économiques. Les témoignages de ces récentes manifestations montrent qu’un nombre croissant de citoyens se sentent abandonnés, exacerbant ainsi la détérioration de l'ordre social.
Les événements à venir seront cruciaux pour déterminer la direction de cette mobilisation et la réponse du gouvernement iranien face à un défi devenu pressant.







