20 Minutes avec AFP
Huguette Bouchardeau, ancienne ministre et candidate à la présidentielle de 1981, a quitté ce monde lundi à l’âge de 90 ans, comme l’a annoncé le Parti socialiste. Sa carrière politique, ancrée à gauche, a été marquée par un engagement profond en faveur du féminisme.
Née dans une famille modeste à Saint-Étienne le 1er juin 1935, elle se distingue comme la première femme à diriger une organisation politique en France, prenant les rênes du Parti socialiste unifié (PSU) en 1979. Son audace était telle qu'elle s'amusait souvent du « petit étonnement » des hommes face à sa réussite.
Un parcours militant
Commence à militer dès 17 ans dans le syndicalisme étudiant, elle est élue secrétaire générale de l’Association générale des étudiants de Lettres de Lyon en 1955. Agrégée de philosophie, elle enseigne tout en continuant à s'engager dans des causes féministes importantes, comme le montre la création du CLEF, un des premiers centres d'études féministes universitaires. En 1977, elle publie Pas d'histoire, les femmes, qui dénonce l’exclusion des femmes de la sphère publique, suscitant un écho dans le milieu académique et au-delà.
Une voix politique affirmée
Son ascension politique se poursuit lorsqu'elle est nommée secrétaire nationale du PSU entre 1979 et 1981, période durant laquelle elle met l'accent sur les enjeux sociaux. Candidate à la présidentielle de 1981, elle obtient seulement 1,10 % des voix, mais soutient François Mitterrand au second tour. La loi du 12 juillet 1983, qui démocratise les enquêtes publiques, est portée par elle et reçoit le nom informel de « loi Bouchardeau ».
À partir de 1984, elle prend la tête du ministère de l’Environnement. Comme elle l'a déclaré plus tard, ce parcours l’a marquée à jamais, car elle est restée profondément « militante, féministe et écologiste », même après son départ de la vie politique active à la suite des élections législatives de 1986.
Un engagement continu pour les droits des femmes
En dehors des arènes politiques, Huguette Bouchardeau a également été maire d’Aigues-Vives (Gard) de 1995 à 2001 et a fondé sa propre maison d’édition, publiant plusieurs ouvrages dédiés aux grandes figures féminines de l'histoire. Son dernier livre témoigne de son engagement inébranlable envers les droits des femmes, une lutte qu'elle a portée avec dignité et détermination. Elle laisse derrière elle un héritage inestimable qui continuera d'inspirer les futures générations de féministes et de politiciens.







