Le gouvernement américain a accordé, ce lundi 22 juin, une relaxation temporaire des sanctions pétrolières pesant sur l'Iran, en délivrant une “licence générale” de soixante jours. Cette décision attendue pourrait s'avérer être un moment charnière pour l'économie iranienne.

“Cette mesure s'inscrit dans le cadre de discussions positives en cours en Suisse, où l'Iran a promis de garantir un transit sécurisé dans le détroit d'Ormuz et d'ouvrir ses installations aux inspecteurs de l'AIEA”, a déclaré Scott Bessent, secrétaire au Trésor, sur X.

Selon The Hill, cette décision “n'est pas une surprise”. Le protocole d'accord récemment signé entre les États-Unis et l'Iran stipulait que des exemptions aux sanctions sur les exportations de pétrole étaient envisagées. Cela devrait permettre au pays de renflouer ses caisses en augmentant ses exports, prédit ce site d'information.

Un tournant significatif

Ce changement est perçu comme “un tournant significatif de la politique américaine”, selon Le New York Times. Une telle initiative pourrait revitaliser l'économie iranienne, qui a lutté pendant des années pour vendre son pétrole à des prix raisonnables en raison des sanctions.

Cette suspension pourrait “mettre fin à des décennies de restrictions qui ont contraint l'Iran à utiliser un réseau parallèle d'exportation peu fiable”, selon le Wall Street Journal. Les nouvelles dispositions pourraient accorder à l'Iran une plus grande flexibilité sur le marché pétrolier.

Une opportunité sans précédent

Cette licence de vente de pétrole en dollars est “une première depuis des décennies”, souligne le Wall Street Journal. Ceci représente “une véritable opportunité pour Téhéran, qui a besoin désespérément de liquidités”.

Malgré cela, l'accès aux inspecteurs de l'AIEA reste flou. Le vice-président américain, J. D. Vance, a admis que les modalités de cet accès étaient encore à l'étude après des négociations en Suisse. D'après le New York Times, “les deux parties interprètent les exigences concernant les inspections de manière très différente, laissant planer le doute sur la suite des événements”.

Les craintes que l'Iran bénéficie d'un assouplissement des sanctions avant de faire des concessions substantielles sur son programme nucléaire persistent. Avant le déclenchement des tensions, les exportations pétrolières iraniennes étaient au cœur de la stratégie économique américaine visant à contrer le régime de Téhéran.