Dans un geste symbolique qui reflète les tensions autour des politiques agricoles en France, la liste « Malouins je suis » du Rassemblement National (RN) et de l'Union des Droites pour la République (UDR) a demandé au maire de Saint-Malo, Gilles Lurton, de retirer les drapeaux européens qui flottent sur la ville. Cette demande fait suite à des préoccupations croissantes liées au traité du Mercosur, qui risquerait de nuire aux agriculteurs locaux.
Thidalack Abhay, tête de liste RN-UDR, a souligné que de nombreux producteurs agricoles, notamment ceux de choux-fleurs, travaillent d'arrache-pied pour répondre à des normes strictes, tout en peinant à joindre les deux bouts. D’après Abhay, l'absence de soutien tangible conduit à une colère justifiée parmi les agriculteurs.
Toutefois, Gilles Lurton, ancien membre des Républicains, a fermement rejeté cette demande. Il a affirmé que, bien qu'il partage les préoccupations concernant le Mercosur, retirer les drapeaux européens ne serait pas une solution. Nous avons toujours soutenu une approche positive envers l'Europe
, a-t-il déclaré, en ajoutant que son administration a noué des liens solides avec d'autres pays européens, renforçant ainsi les opportunités économiques pour Saint-Malo.
La polémique autour du Mercosur, qui implique des échanges commerciaux avec des pays d'Amérique du Sud, a suscité des inquiétudes parmi les agriculteurs français. Selon plusieurs experts, ce traité pourrait favoriser l'importation de produits agricoles moins chers, mettant ainsi en péril l'agriculture locale et ses normes de qualité élevées. Des voix s'élèvent donc pour réclamer une réévaluation des accords commerciaux, afin de protéger les intérêts des agriculteurs français.
Dans d'autres régions, comme à Simplé en Mayenne, des maires ont agi différemment, décrochant les drapeaux européens par solidarité avec leurs concitoyens agriculteurs. Ce geste fort souligne la fracture qui existe au sein des collectivités locales sur les questions européennes et agricoles.
Alors que la situation évolue, il sera intéressant de voir comment les autorités locales continueront à naviguer entre les préoccupations légitimes des agriculteurs et leur engagement envers l'Union européenne.







