Le tribunal d'application des peines d'Evreux a annoncé, ce lundi, la décision d'accorder à l'ancien maire de Levallois-Perret, Patrick Balkany, une libération conditionnelle pour les 18 mois restants de sa peine d'emprisonnement. Cette décision a été confirmée mardi par une source proche du dossier, rapportée par l'Le Monde.
Aujourd'hui âgé de 77 ans, Balkany pourra ainsi purger le reste de sa peine à son domicile à Giverny, dans l'Eure. En 2023, il avait été condamné à quatre ans et demi de prison pour avoir dissimulé, avec son épouse Isabelle, près de 13 millions d'euros au fisc entre 2007 et 2014. Ce cas de fraude fiscale a secoué le paysage politique français et lui a valu une amende de 100 000 euros, en plus d'une interdiction d'éligibilité pendant dix ans.
Ce sont les années de calvaire judiciaire qui ont marqué ce couple controversé. « Cette décision représente la fin d'une épreuve éprouvante pour Patrick Balkany », a déclaré son avocat, Robin Binsard, à l'AFP. La libération conditionnelle survient après plusieurs mandats d'incarcération, de détention sous bracelet électronique et de périodes de liberté conditionnelle auparavant.
Lors de l'audience, le parquet a suggéré que Balkany soit placé sous surveillance électronique pendant huit mois avant de bénéficier de dix mois de liberté conditionnelle. Toutefois, le tribunal a estimé que la libération pouvait être mise en œuvre immédiatement, citant l'âge avancé de l'ancien élu, son état de santé, et les efforts financiers déjà engagés pour le remboursement des sommes dues. Les juges ont également pris en compte le faible risque de récidive.
Néanmoins, le tribunal a décidé d'allonger sa période de probation jusqu'au 12 juillet 2028, en raison de la gravité des fonds non remboursés, afin de garantir que les engagements financiers soient respectés, comme le soulignait le ministère public.
Cette décision a provoqué des réactions diverses au sein de la classe politique et parmi les citoyens. Certains experts estiment que cette libération conditionnelle soulève des questions sur la justice française face aux personnalités influentes. Guy Bricout, expert en droit pénal, a commenté : « La question de l'égalité devant la loi se pose de manière prégnante dans ce cas. »
Ce tournant dans l'affaire Balkany pose sans doute la question des mécanismes de la justice et de la manière dont ils traitent les figures publiques. Alors que des opinions divergentes continuent de se faire entendre, l'attention se tourne à présent vers le remboursement des somme dues au fisc.







