Ce dimanche 24 mai, des centaines de détenus ont pris possession d'une prison à Barinas, à l'ouest du Venezuela, en exprimant des accusations de "tortures" et en demandant la destitution du directeur, selon des observations d'AFP.
La situation des établissements pénitentiaires au Venezuela est régulièrement critiquée pour sa surpopulation et les violations des droits humains. Les ONG attirent fréquemment l'attention sur de longs délais judiciaires, laissant des détenus en détention sans procès pendant de nombreux mois.
Les détenus se sont réunis sur le toit et ont déployé des banderoles avec des slogans tels que "SOS" et "On nous torture". "Plus de torture, plus de torture", scandaient-ils.
"On leur met le feu, on les maltraite énormément"
Des colonnes de fumée s'élevaient de l’Internat judiciaire de Barinas (Injuba), un lieu emblématique pacifié par l'ex-président Hugo Chávez. Les prisonniers ont mis le feu à des matelas et des draps.
Des agents de police se sont positionnés autour du bâtiment alors qu’un nombre croissant de proches de détenus s’assemblaient, préoccupés par la tournure des événements.
Yelitza Arrollo, qui n’a pas eu de nouvelles de son fils depuis le 8 mai, a déclaré à l’AFP que les gardiens "l'ont enfermé, battu". Elle affirme que les prisonniers vivent un véritable calvaire, recevant des traitements inhumains tels que des douches froides, des décharges électriques et des actes d'agression. "Nous exigeons la destitution du directeur", a-t-elle clamé.
Plusieurs familles ont indiqué que des détenus avaient été blessés, mais les autorités n'ont pas encore réagi officiellement.
"Le ministère ignore les détenus"
L'ONG Observatorio Venezolano de Prisiones (OVP) a publié un message sur les réseaux sociaux, révélant que "1.200 hommes et plus de 100 femmes sont en grève" à l’Internat judiciaire de Barinas.
"Le ministère des Services pénitentiaires ignore les détenus, qui dénoncent les abus depuis plus d'une semaine et ne sont pas entendus. Pire encore, ils reçoivent des balles et des gaz lacrymogènes", conclut l'OVP.
En avril, le gouvernement a confirmé la mort de cinq personnes lors d'une mutinerie à la prison de haute sécurité de Yare III, située à 70 kilomètres de Caracas.
En 2023, le président Nicolas Maduro a ordonné des opérations militaires pour reprendre le contrôle des principales prisons du pays, longtemps dominées par des gangs de criminels.
La présidente par intérim Delcy Rodriguez, qui a pris les fonctions après l'arrestation de Maduro par l'armée américaine en janvier, s'est engagée à mener une réforme judiciaire.







