Dans le Calvados, des commerçants, face à une recrudescence de vols, prennent les choses en main. Ils n'hésitent pas à afficher les visages de suspectés sur les réseaux sociaux et à l'entrée de leurs boutiques, une pratique pour le moins risquée, mais qui traduit leur détermination à lutter contre l'insécurité.
Au cœur de cette lutte pour la préservation de l'artisanat français, se trouve Luc Guillot, un lissier de 25 ans, qui tire fièrement les ficelles de l'histoire en travaillant sur le morceau manquant de la Tapisserie de Bayeux. Cette œuvre emblématique, inscrite au patrimoine mondial de l'UNESCO, est en cours de restauration dans l'atelier familial situé à Aubusson, en Creuse. Selon Luc, "nous devrions terminer la tapisserie d’ici le printemps 2027, un défi à la hauteur de l'héritage culturel qu'elle représente".
Une technique qui prend du temps...
Luc explique que "chaque détail compte ici. Je travaille actuellement sur les contours d'un soldat. Cela représente un travail méticuleux sur la partie gauche de la tapisserie de 25 mètres carrés". À un rythme impressionnant, l’équipe parvient à progresser de 1 à 2 mètres carrés par mois en raison de la richesse des détails. Patrick, son père et lissier depuis 50 ans, renchérit : "C'est un travail qui nécessite une grande concentration, et nous y consacrons bien plus de 35 heures par semaine, souvent jusqu'à 42, parfois même le week-end".
Hélène Delprat, artiste plasticienne à l'origine de la scène qui manque, suit avec intérêt l'évolution de l’œuvre. "Il est fascinant de voir comment ils travaillent à l'envers, sur le dos de la broderie, sans voir directement le résultat. Malgré mon manque d'expérience en broderie, je suis émerveillée par leur talent et la diversité des couleurs qu'ils utilisent". Son objectif est de moderniser la représentation iconique tout en gardant quelques éléments clés de l'original.
...au service d'une œuvre secrète
La nouvelle scène, qui met en lumière le couronnement de Guillaume le Conquérant, reste un secret bien gardé. Hélène confie : "Je voulais insuffler une dimension contemporaine à cette pièce sans simplement copier l’œuvre originale. Des éléments comme l'abbaye de Westminster, les chevaux et les chiens sont des répliques fidèles, mais l'ensemble est réinterprété".
Avec un an encore devant eux, la famille Guillot nourrit l’ambition de faire briller ce travail artistique. Marie, la mère de Luc, proclame avec fierté : "Tout cela, c'est vraiment du travail d'artiste, voilà !" La passion et l'engagement de cette famille témoignent d'une tradition qui perdure au-delà du temps et des modes, inscrivant cette œuvre dans l'éternité.







