Le secrétaire général de l'OTAN, Mark Rutte, a souligné que l'Europe ne peut pas assurer sa sécurité sans l'appui des États-Unis. Lors de son intervention au Parlement européen à Bruxelles, il a déclaré : "Si quelqu'un pense que l'Union européenne peut se défendre indépendamment des États-Unis, il se trompe lourdement. Nous avons besoin les uns des autres." Cette déclaration sous-tend l'importance cruciale de la coopération transatlantique dans le contexte des tensions géopolitiques actuelles.
Selon Rutte, une éventuelle alliance défensive européenne, dépourvue du soutien américain, coûterait des milliards d'euros et nécessiterait de réels sacrifices financiers. "Construire une telle alliance pourrait exiger jusqu'à 10% du PIB des pays européens, au lieu des 5% actuellement convenus", a-t-il mis en garde.
Les 32 membres de l'OTAN ont convenu d'affecter au moins 5% de leur PIB à la sécurité d'ici 2035, un objectif déjà ambitieux compte tenu des faiblesses budgétaires de nombreux pays. En effet, beaucoup peinent à atteindre les 2% de leur PIB, un engagement pris il y a dix ans.
Rutte a également évoqué les implications d'une réduction du soutien américain, en rappelant que cela signifierait abandonner le parapluie nucléaire américain, garant de la sécurité européenne. En effet, les discussions menées aux États-Unis, sous l'administration Trump, sur une réduction du soutien militaire pour privilégier la sécurité intérieure, soulèvent des préoccupations quant à l'avenir de la défense européenne.
Les opinions divergent au sein des pays européens sur la nécessité d'une autonomie stratégique. La France, par exemple, est en faveur de cette approche, alors que les nations proches de la Russie sont souvent plus réservées, dépendant fortement des systèmes d'armement américains.
Dans un climat international en constante évolution, la nécessité d'une alliance solide entre l'Europe et les États-Unis semble plus urgente que jamais, suscitant des réflexions sur la capacité actuelle des Européens à se défendre seuls.







